Accroche :

J'AIMERAI ME REPAITRE DE CEUX QUI VOUDRAIENT ME SOUMETTRE !
(pour les détails, me contacter urgemment !)

Jeudi 3 juillet 2008
Quelle horreur, mais quelle horreur : ELLE a été libérée ! Mis à part la Fonte des Glaces et la hausse annoncée du niveau de la mer, il ne me reste pratiquement plus aucune histoire qui peut potentiellement mal se terminer.
Je n'aurais donc plus droit à aucun plaisir dans ce bas monde...

Je suis abattu. C'est bien la peine de se plier en 4 tous les jours pour en arriver  là !

Quelle horreur, mais quelle horreur ! C'est bien simple : tout me gratte, et vous me connaissez, quand je dis tout, c'est absolument tout.

Bravo Ingrid ! Nous t'aimons !
par antenor publié dans : rien-nest-vrai
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Mercredi 2 juillet 2008

Nous, aux laboratoires d’essai ANTENORORREUR Inc. nous pensons toujours à votre confort et à votre bien-être, surtout en matière de lessive. Ce n’est pas que ce soit spontané, mais c’est à la demande de notre Maréchal Président à Vie bien aimé, Anténor. Lui Devant, nous derrière.

Nous avons l’immense plaisir de vous présenter aujourd’hui le dernier né des modèles de machine à laver à chargement frontal : la LAVO1000 Sim-k.

En ces temps de crise de l’énergie, des valeurs réelles, nous, aux laboratoires ANTENORORREUR Inc. nous sommes contre la course à la vitesse permanente, nous sommes contre les améliorations techniques sans fin qui ne servent à rien, nous sommes contre le progrès progressiste. Nous croyons à la continuité évolutive vertueuse.

Voilà pourquoi nous sommes revenus de la LAVO1400Speed ULTIMA OPTIMA GOLD Triphasée à la LAVO1000 Sim-k. Simple, mais d’une redoutable efficacité. Avec ses mille tours/minute dès la première minute d’essorage, et sa palette d’options élargies, elle a de quoi vous faire tourner la tête.

Citons ces quelques exemples :

-          télécommande dont les boutons, ressemblant à des mini-hublots, avec effet ventouse, aspirent légèrement la peau de votre doigt lorsque vous vous en servez et améliorent ainsi la sensation de confort lorsque vous passez commande. Leur ergonomie toute particulière draine la circulation sanguine dans vos doigts souvent engourdis par la maltraitance que vous leur infligez tout au long de la journée

-          la télécommande est par ailleurs pourvue d’un lecteur de carte SD et d’une entrée USB sur laquelle vous pouvez connecter votre bidon d’adoucissant ou votre baril de poudre à laver (pour en vérifier le niveau par exemple sans les soulever)

-          le nouveau hublot de la LAVO1000 Sim-k est pourvu de l’option « slow-motion ». Vous avez envie de revoir un passage d’une lessive en cours au ralenti (même s’il s’agit de l’essorage final !) ? Par simple pression sur un bouton de la télécommande, vous pourrez à tout moment voir sur l’écran la scène que vous avez choisie au ralenti

-          d’un format initial 5 kilos, le hublot de chargement frontal est surbaissé, ce qui donne à la LAVO1000 Sim-k l’extraordinaire capacité de laver jusqu’à 8,427 kilos (poids à sec). Accessoirement, cette position hors normes permettra à l’utilisatrice de se maintenir en forme grâce à des mouvements de gymnastiques inaccoutumés. Enfin, cela résoud définitivement le problème de stabilité des machines-à-laver-sauteuses.

-          Vous avez lancé une lessive et des amis arrivent à l’improviste ? Faites leur partager toute votre passion en recommençant la lessive depuis le début en appuyant sur la touche IR (Immédiat Retour) qui relancera votre lessive depuis le début

-          Vous avez aimé un instant particulier (quelques secondes d’essorages, quelques minutes de lavage, un rinçage…) ? Pas de soucis : avec la touche R (Répète) marquez ces instants et répétez-les immédiatement autant de fois que vous le souhaitez en temps réel

Mais la LAVO1000 Sim-k est bien plus qu’une machine à laver à chargement frontal. Versez quelques litres de lait directement dans la cuve, rajoutez du sucre et des jaunes d’œufs dans le bac à lessive, et obtenez en moins de 35 minutes une délicieuse crème anglaise faite maison (grâce au bouton Crîme de la télécommande) et que vous récupérerez grâce au tuyau de vidange.

Inscrivez-vous dès maintenant pour acquérir ce magnifique bijou alliant technologie moderne et savoir-faire traditionnel. Si vous faites partie des 100 premiers inscrits, la livraison sera non seulement gratuite, mais Anténor himself vous expliquera gracieusement à domicile son mode d’emploi exhaustif pendant une semaine complète (surtout si vous habitez sur la Côte, ou dans un château particulier, ou une résidence secondaire faisant partie d’un patrimoine soumis à l’ISF, résidences principales admises dans certains quartiers de Paris).

La LAVO1000 Sim-k,

On vous devait bien ça !

par antenor publié dans : des lessives pas comme les autres
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Dimanche 29 juin 2008

Rien. La chute. Au loin des bulles jaunâtres sur fond même pas noir. Plutôt gris. Silence absolu. Revenir à moi. Toujours inconscient, main droite qui passe sur le front. Prise de conscience. Yeux lourds, gonflés, qui collent. Je pèse une tonne. C’est quoi une tonne ? Péniblement mais très lentement quand même, ouverture des yeux. Reprise avec la réalité. Lumière !

Mur blanc. Blanc le mur. Que c’est calme un mur blanc. Que c’est blanc, un mur blanc. Aucune sollicitation. Aucune stimulation. Du blanc partout autour de moi, du moins dans le champ de vision que j’ai sans avoir encore remué la tête. Du mur partout également. C’est ce qui explique le blanc. Je repose le bras droit à même le sol, puisque je suis moi-même étendu sur le sol. Je constate que je suis vêtu d’un tissu blanc. Tout est blanc. 

Ma lucidité revient : « …alla… ama… non ! …ami… »

Laisser ma lucidité repartir.  Fermer les yeux. Se laisser replonger dans l’inconscient total, le néant. Ne plus résister. Ne plus penser. Noir sec !

 

 

Au loin des bulles jaunâtres sur fond même pas noir. Elles remontent dans mon champ de vision sans pourtant disparaître. De nouvelles bulles arrivent de je ne sais où. Et pourtant, je n’ai même pas encore ouvert les yeux. Revenir à moi. Main droite qui passe sur le front. Yeux lourds, gonflés, qui collent toujours. Qui suis-je ? Et pourquoi ? Ouvrir les yeux. Lumière !

Je me souviens : blanc, le mur. Le mur est blanc. Le mur est haut. Blanc jusque tout en haut du mur. C’est bien d’être un mur : besoin de ne rien faire. Juste d’être un mur. Comment fait-on pour devenir mur ? Blanc, tout est blanc. J’ai déjà vu ce mur blanc. Ici même. Sans bouger de la tête, je ne vois que du mur, et que du blanc. Mais s’il n’y avait pas de mur derrière moi ? ni là où je n’ai pas encore regardé ? J’ai peur. La panique me fait bouger la tête : je vois. Il y a du mur partout. Et blanc également. Je suis rassuré. Mais cette ouverture, tout là-haut ? Une fenêtre. Qui laisse passer de la lumière naturelle. Qui me permet de voir. Quelle horreur, mais quelle horreur. Ah non, je me trompe : c’est bien de voir.

Ma lucidité revient : « …china… ami… avé… » 

Le blanc de ce mur est si reposant. Moi, allongé à même le sol. Habillé de quelque chose de blanc qui ressemble à un drap. Je ne sais pas si je suis confortablement allongé ou pas. Je sais juste que… que quoi ? je ne sais pas mais je sais que quelque chose ne tourne pas rond.

Fermer les yeux. Inspirer à fond. Se laisser repartir. Ne plus penser à rien. Le mur blanc est présent. Il me rassure. Noir sec !

 

 

Au loin des bulles jaunâtres sur fond même pas noir. Silence autour de moi. Ma bouche est pâteuse. J’ai soif. J’ai mal à la gorge tellement j’ai soif. Ma main droite qui passe sur mon front, frotte mes yeux endoloris. Essayer de les ouvrir. Lumière !

Le mur blanc. Je me souviens. J’aime ce mur blanc. Je n’aime juste pas l’ouverture tout en haut qui rompt l’harmonie de ce mur blanc qui m’entoure. Aucune aspérité sur ce mur blanc. J’arrive à le toucher puisqu’il se trouve tout à côté de moi. Quelle bonne idée. Effort surhumain pour tourner la tête. J’y arrive. Quelque chose perturbe l’harmonie de la pièce. Un gobelet en plastique. Rempli d’eau. De l’eau. J’arrive à donner un nom à toutes ces choses. A réfléchir. A être cohérent. Donc je dois être plus qu’un mur. De l’eau. Je dois la boire. L’eau est faite pour être bue. Parler. Je peux parler aussi. Je me souviens. Desserrer la mâchoire, ouvrir la bouche. Oui c’est ça.

Boire. Apprécier l’apaisement. Je me sens apaisé.

Ma lucidité revient. A voix haute, je hurle, je ne sais pas pourquoi : « MACHINE A LAVER – AMIRAL ». Juste ça. Toujours et encore. Pendant de longues minutes. Mon corps ressent l’absence. Le mur blanc ne suffit plus. Il me faut une MACHINE A LAVER. Il me faut un AMIRAL. Je m’époumone. Je cris. Je braille.

Je me sens mal. J’ai envie de pleurer, mais je ne peux pas. Je me sens à nouveau lourd, si lourd. Fermer les yeux, se laisser emporter à nouveau vers le néant. Noir sec.

 

 

Pendant ce temps, quelque part non loin de cette pièce aux murs blancs, un coup de fil :

« - Allo, Docteur Schneider ? Oui, écoutez, pour Anténor, ça n’a pas marché. Mais alors pas du tout. Venez vite, nous sommes très inquiets. »

par antenor publié dans : psychopathologie de la vie quotidienne
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à savoir :

Si vous avez raté le début :
Anténor, accessoirement Maréchal Président à Vie (MPàV) de l’Association des Pauvres Mais Travailleurs (APMT) déteste les chats, les lumières que l’on laisse allumées, sa psychanalyste le docteur Schneider. Il affectionne les histoires qui se terminent mal, les tomates, les poudres et machines à laver (uniquement avec hublot), l’humour noir, féroce, sarcastique. Il n’a aucun égard pour les veuves et les orphelins : il voudrait qu’il y en ait plus.
Enfin, il a démodé les Troubles Obsessionnels Compulsifs et patauge pathétiquement dans les Troubles d’Opposition avec Provocation, la mare jamais desséchée de son existence quotidienne.
Il est torturé en permanence par un doute qui le ronge insidieusement : doit-il ou non assister au prochain festival de Cannes ? Enfin, il est persécuté par La Rousse, la fille de l'insupportable docteur Schneider.

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