Accroche :

Nous sommes contre la médiocrité. Nous voulons nous compromettre avec la personne humaine.

(Eduardo Galeano)

Vendredi 16 mai 2008

Cette année, encore moins que les précédentes, je n’ai pu résister à l’invitation qui m’a été faite de prononcer le discours d’ouverture du Festival de Cannes.

 

Puisque je ne vous ai pas vu dans la salle, ni dans le cocktail mondain qui a suivi, j’ai pensé qu’il serait bien de vous livrer ici le texte de ce discours. J’avais décidé cette année de le placer sous le signe du « merci » car nous vivons dans une société trop égoïste où nous oublions trop souvent de gratifier les petits gestes de ceux qui nous entourent.

 

« Chers Amis du Cinéma, chers tous, très chère Catherine Deneuve, Catherine,

C’est avec un plaisir incommensurable et une émotion indicible que j’ai accepté cette année une fois encore, et pouvait-il en être vraiment autrement, de prononcer ces quelques mots Devant vous pour inaugurer le Festival de Cannes 2008. Ma présence, dont tant de mauvaises langues ont douté, augurera d’un Festival d’exception et rehaussera sans nul doute les films qui nous serons présentés incessamment dans les jours à venir.

Je voudrais remercier tout spécialement l’Amiral, mon ami lointain mais qui s’approche à moi à toutes vapeurs et toutes voiles dehors. Je voudrais remercier tout particulièrement ma psy, la Docteur Schneider, qui a fait en sorte qu’on me laisse sortir ce matin, et qui est à mon équilibre mental ce que le suppôt est à Satan. Je voudrais remercier de tout cœur ma maman, grâce à qui je peux me trouver ici, la pauvre qui fut torturée et brûlée vive en 1429 parce qu’elle se promenait toute nue sur la place du village accusée d’avoir ensorcelée le prêtre. Un merci hors série pour TF1 que l’on ne remerciera jamais assez de s’occuper intelligemment de notre temps de cerveau disponible. Je voudrais remercier chaleureusement les ingénieurs de l’APMT* Inc. d’avoir boosté le modèle de la machine à laver à chargement frontal la LAVO1200Speed+ Ultima en la dotant d’un accélérateur à particule d’essorage (duocore). Je voudrais remercier respectueusement la junte birmane de m’avoir si bien accueilli lors de ma récente tournée dans ce pays et m’insurger contre les Occidentaux affabulant au sujet d’un vulgaire orage qui aurait inondé quelques villages. Très touché, je voudrais remercier Pascal Sevran de me permettre, par son absence, cette année de commencer à mon tour la publication de mes mémoires, le premier tome s’intitulant « bon alors vite fait, mais sur la place de la mairie » aux éditions Fleurs du Maréchal de l’APMT. Je pense à nos amis fonctionnaires, qui défilent et défilent encore dans nos rues, à qui la triste nécessité d’avoir à travailler pour gagner leur vie leur est tellement familière. Je remercie encore le destin, ou le hasard, à moins que ce ne soit la Providence de me donner quotidiennement la force de supporter ce destin d’exception qui est le mien. Et enfin, je voudrais remercier les laboratoires de l’APMT Inc. pour la création d’une toute nouvelle collection de chaussures rouges qui n’auront pas échappé à votre perspicacité.

Que ce Festival de Cannes 2008 soit d’exception. Qu’il soit unique. Qu’il soit. Qu’il... (pleurer maintenant et longtemps sans terminer cette dernière phrase) ».

 

par antenor publié dans : psychopathologie de la vie quotidienne
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Commentaires

eh eh, super discours ! :)
commentaire n° : 1 posté par : Cassandre (site web) le: 31/05/2008 18:31:07
Mince, j'ai au moins trois articles de retard et pas le temps, maintenant, je dois attraper un train. Mais je vais pouvoir me rattraper pendant les 3 jours où je serai chez ma mère. As-tu suivi notre "opération Myster et boule de gomme"?
commentaire n° : 2 posté par : Laurence (site web) le: 20/05/2008 13:07:29
A quand le passage au Grand Journal de C+? Vite, j'appelle Michel (Denisot)!
commentaire n° : 3 posté par : pleure-misère le: 17/05/2008 07:21:34
L'accélérateur de particules, c'est pour laver les slips d'Emmanuel de Brantes ...  ?  Décidément, tu ne recules devant aucun sacrifesse...
commentaire n° : 4 posté par : Gi (site web) le: 16/05/2008 22:14:36
Est-ce que c'est un discours à départ différé ? Tu es sûr que ce n'était pas le festival 1947, rapport aux chaussures ?
commentaire n° : 5 posté par : Gwen (site web) le: 16/05/2008 18:03:23
ben mince, mon identification n'a pas marché... pourquoi ça a mis 1?
Ce blog est ensorcelé...
commentaire n° : 6 le: 16/05/2008 15:40:05
La docteur Schneider aurait-elle été marchande de chaussures, avant d'être psy? ^^
commentaire n° : 7 le: 16/05/2008 15:38:29
Vous n'auriez pas un mouchoir, je suis toute mouillée.
commentaire n° : 8 posté par : Catherine (site web) le: 16/05/2008 11:48:10
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commentaire n° : 9 posté par : Tant-Bourrin (site web) le: 16/05/2008 05:14:50

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Si vous avez raté le début :
Anténor, accessoirement Maréchal Président à Vie (MPàV) de l’Association des Pauvres Mais Travailleurs (APMT) déteste les chats, les lumières que l’on laisse allumées, sa psychanalyste le docteur Schneider. Il affectionne les histoires qui se terminent mal, les tomates, les poudres et machines à laver (uniquement avec hublot), l’humour noir, féroce, sarcastique. Il n’a aucun égard pour les veuves et les orphelins : il voudrait qu’il y en ait plus.
Enfin, il a démodé les Troubles Obsessionnels Compulsifs et patauge pathétiquement dans les Troubles d’Opposition avec Provocation, la mare jamais desséchée de son existence quotidienne.
Il est torturé en permanence par un doute qui le ronge insidieusement : doit-il ou non assister au prochain festival de Cannes ? Enfin, il est persécuté par La Rousse, la fille de l'insupportable docteur Schneider.

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