Texte Libre

Nous sommes contre la médiocrité. Nous voulons nous compromettre avec la personne humaine.

(Eduardo Galeano)

Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /2009 00:04

Autant vous l’avouer tout de go : je ne suis jamais, mais alors ô grand jamais, allé au Sotheby’s café à Londres. Pire encore, pour enfoncer le dégout au fond de votre gorge, je n’intentionne nullement d’y aller.

 

Bon une fois que j’ai dit ça, j’ai tout dit. Et rien dit en même temps. Mais je tenais à le dire tout de même, en cet instant précis.

 

De toute façon, j’attends. J’attends que l’on me parle. J’attends que l’on vienne me parler. On vient toujours me parler. A un moment donné ou un autre. Ca finira par arriver. Que l’on me parle. Vous avez toujours besoin de me parler. Une envie irrésistible. Du moins normalement si tout se passe bien comme je l’ai prévu. Une Envie que je n’ai jamais comprise. Mais soit. J’attendrai. Vous m’aurez parlé avant que la fin n’arrive. Et que je n’arrête d’attendre. Vous me parlerez. Le pire finit toujours par arriver. Même si comme cela arrive souvent, c’est vers la fin, justement.

En attendant, j’attends. Vous pourriez me parler d’un instant à l’autre. Je le sais. Ce qui distingue l’Homme de l’animal, c’est la parole. Pourtant, malgré tout, en ce qui vous concerne Vous, le doute persiste… Vous avez la parole, certes… Mais… Parler pour ne rien dire. Faire du bruit avec votre bouche. Non, cela n’est pas me parler. Cela n’est pas à ma hauteur. Cela ne m’atteint pas.

 

Un jour, vous me parlerez. Cela doit arriver. C’est écrit. Quelque part. Mon destin. Votre providence. Parlez, oui, mais de grâce parlez-moi ! Vous êtes des sujets victimes de vos désirs, incapables d’aller contre votre gré. Vous serez victimes toute votre vie. Vous parlez, mais vous ne savez pas ce que vous dites, vous ignorez de quoi vous parlez. Les efforts que vous tentez de réaliser pour vous humaniser et vous civiliser font apparaître de nouveaux symptômes qu’il vous faut à nouveau combattre. Et vous vous étonnez de tourner en rond. Et je m’étonne que vous ne me parliez pas. Lorsque vous me parlerez, vous vous éviterez le pire. Si vous ne me parlez pas, le pire arrivera. Déjà que vous êtes à côté de vous-même, et que ce n’est vraiment pas très joli à voir…

 

A force d’attendre, là, à ce qu’un jour vous me parliez, je sais que je me rapproche du paradis. Et pourtant quand j’y pense, j’ai peur. Et si j’y étais, là-bas également, seul, Moi Devant et vous derrière ?

Par antenor - Publié dans : rien-nest-vrai
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Si vous avez raté le début :
Anténor, accessoirement Maréchal Président à Vie (MPàV) de l’Association des Pauvres Mais Travailleurs (APMT) déteste les chats, les lumières que l’on laisse allumées, sa psychanalyste le docteur Schneider. Il affectionne les histoires qui se terminent mal, les tomates, les poudres et machines à laver (uniquement avec hublot), l’humour noir, féroce, sarcastique. Il n’a aucun égard pour les veuves et les orphelins : il voudrait qu’il y en ait plus.
Enfin, il a démodé les Troubles Obsessionnels Compulsifs et patauge pathétiquement dans les Troubles d’Opposition avec Provocation, la mare jamais desséchée de son existence quotidienne.
Il est torturé en permanence par un doute qui le ronge insidieusement : doit-il ou non assister au prochain festival de Cannes ? Enfin, il est persécuté par La Rousse, la fille de l'insupportable docteur Schneider.

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