Et puis quoi encore ?

Publié le par antenor

Michael Jackson est mort. Je ne sais pas. Michael jackson n’est pas mort. Je ne sais plus. Toujours est-il que moi je suis vivant, encore vivant, toujours vivant. Après ce qui vient de se passer… les affres de la vie. Et pour le couronnement du tout : vous êtes toujours là, à vous enquérir de ce que je deviens. Comme je vous hais. Du moins : comme je vous haïrais, du moins si je le pouvais encore.

Mais commençons par le début. Je ne sais pas si je vous en ai jamais parlé : je consulte. Oui, nous avons tous nos faiblesses. Cela fait des années que je vois une psy, la Docteur Schneider, nouvellement convertie à la Gestalt thérapie et qui s’essaie à l’agressothérapie. Elle est à ma santé mentale ce que le gramophone est à la PSP 3. Pendant des années, elle a essayé de me faire renier la vérité, qui m’apparaissait chaque jour de plus en plus indéniable : je suis pourvu d’un cerveau avancé, dans un corps de rêve. Oui, je suis Moi Devant, et tout le reste, vous y compris, derrière.

Comme point d’orgue à ce qu’elle considérait être le point final de ma thérapie, elle m’avait enrôlé dans une pièce de théâtre où je tenais le rôle principal. Enfin pratiquement. A un moment donné, vers la fin de la pièce, lorsque le public n’a plus qu’une seule envie (que tout s’arrête et que les lumières se rallument) j’apparaissais enfin, pendant quelques secondes, dans le plus simple appareil (c’est dire combien l’appareil cache le reste), et j’étais censé dire « Moi ? » puis il fallait que j’hésite quelques instants pour mettre enfin un peu de suspens et d’action dans la pièce et rajouter encore d’une voix incertaine « Devant ? ».

Le rideau devait tomber ensuite avant que le dernier acte ne s’enchaine.

 

Je n’ai jamais adhéré à ce projet. J’ai toujours su que ça n’était pas pour moi, que ça n’était pas moi. Jusqu’au dernier moment, j’ai essayé de dissuader ma psy, la Docteur Schneider de ne pas m’impliquer dans ça. Je ne suis fait que de Renoncement, d’Abstinence, d’Abnégation et de Contrition. Mais ça, évidemment, personne ne voulait me croire.

 

Alors oui, j’ai accepté, contre moi, de le jouer, ce premier rôle. Devant un public de milliers de personnes. Très rapidement, après avoir accepté cette idée pour le moins bizarre, je me mis à me contrôler comme rarement. J’ignorais les signes de l’au-delà qui m’avertissaient de ne pas y aller, de ne pas le faire, de ne pas succomber à cette thérapie : oui, tous ces rouges-gorges qui apparaissaient dans les endroits les plus insolites, je ne les voyais pas.

 

La Docteur Schneider, convaincue de mes talents comme de mon aptitude, avait jugé inutile que je participe aux répétitions. J’allais être bon, j’allais être parfait dès la première de mes interventions. Qui allait aussi être la dernière. Le croirez-vous ? J’y suis monté, sur les planches, quand ce fut à mon tour. Vers la fin de la pièce. Qui fut également la fin du tout.

 

A ce jour, je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé ensuite. Ai-je seulement prononcé ma première réplique : « Moi ? ». M’a-t-on seulement vu, lorsque les projecteurs se sont braqués sur moi, et que je me suis trouvé là, dans mon plus simple appareil ?

Personne encore n’a voulu me raconter, combien de morts, combien de blessés, combien de traumatisés à vie. Personne n’évoque plus en ma présence cette tentative pathétique de faire de Moi ce que je ne suis pas. Alors, de là où je vous écris, j’ai repris mes pilules, je reprends mes esprits, je reprends mes séances, avec ma psy la docteur Schneider, nouvellement convertie à la Gestalt-thérapie et qui est à ma santé mentale ce que le film Super 8 est au format MPEG4. Recommencer toujours, n’abandonner jamais…

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Laurence 29/10/2009 18:57





Oïnkari 25/10/2009 18:35


Dites donc, vot'e Maréchalitude, t'es mort? Ou tu fais du boudin ?


Philippe 24/10/2009 10:10


Gourmande


Laurence 22/10/2009 22:50


Bon, tu ne peux quand même pas toujours être en vacances au frais de l'ETAT MARECHAL!


Gi 16/10/2009 22:20


En tout cas, pour Michael Jackson... on a été plus vite pour sortir un cd des "inédits" que pour l'enterrer !