
Nous sommes contre la médiocrité. Nous voulons nous compromettre avec la personne humaine.
(Eduardo Galeano)
Cette année, j’ai pris une décision grave, j’ai eu beaucoup de mal à m’y tenir mais j’y suis arrivé. J’ai décidé de ne pas aller au Festival de Cannes. Du coup je me privai d’avance du crème de la crème (la Grème de la Grème comme dirait ma sœur) sur cette terre-ci : je n’allai revoir ni Pénélope Cruz ni Tommy Lee Jones. Je n’allais pas faire la connaissance de Zang Ziyi (en même temps ça m’arrangeait bien). Wim Wender ne me parle plus de toutes les façons, là n'était pas le problème. Pas d’éclats de rires avec Michel Piccoli et Emmanuelle Béart. Je sais que Sylvie Testud et Melvil Poupaud m’avaient prévu à leur table. Sharon Stone et Dark Vador comptaient sur moi pour leur After. Juliette Binoche attendait que je la rappelle, Carole Bouquet m’avait invité dans sa suite, Sophie Marceau voulait se confier à moi… Je voudrais encore m’excuser 100 fois auprès de Catherine Deneuve, Vincent Cassel et Charlotte Gainsbourg qui m’ont appelé plusieurs fois afin que je revienne sur ma décision.
Après en avoir longuement parlé avec mon coach, j’ai assumé cette terrible décision et je décidai d’affronter tout-de-go le tapage médiatique que je risquai. Je jetai aussitôt aux oublis le petit discours que j’avais prévu.
Mais je me souviens encore des premières phrases anodines que j’avais griffonné : « mes très chers amis de l’univers cinématographique (première salve d’applaudissements de 5 minutes), mon public adoré (standing ovation)… je me suis fait un peu rare ces temps-ci, je le sais (premiers sanglots dans la salle)… mais j’ai décidé de me consacrer entièrement à une œuvre caritative de pauvres mais travailleurs et vous ne soupçonnez pas les trésors d’énergie que j’ai du puiser pour m’en occuper (une femme s’évanouit)… vous ne soupçonnez pas non plus l’ampleur des forces du mal que j’ai du affronter… alors oui… je suis un peu fatigué… oui je suis un peu las… mais ce soir… oui… ce soir j’ai décidé d’être ici… parmi vous (un homme s’arrache sa chemise haute couture). Ce n’est pas moi qui suis venu à vous… mais c’est vous tous, si nombreux… qui êtes venus à moi… Et je voulais vous dire… Oui, je voulais vous dire… Combien votre présence ce soir est enrichissante pour moi… Merci (tsunami d’applaudissements)…». Début du discours que je ne prononcerai jamais…
Je n’avais prévenu personne de mon absence : ni les organisateurs du festival, ni la presse sélect, ni la presse people, encore moins la télé ou
Et puis souvenez-vous, en 2003 : le mec qui a marché sur la robe de Carole Bouquet pendant qu’elle montait les fameuses marches… Ah, vous n'y étiez peut être pas ?
Commentaires