Accroche :

J'AIMERAI ME REPAITRE DE CEUX QUI VOUDRAIENT ME SOUMETTRE !
(pour les détails, me contacter urgemment !)

Vendredi 16 mai 2008

Cette année, encore moins que les précédentes, je n’ai pu résister à l’invitation qui m’a été faite de prononcer le discours d’ouverture du Festival de Cannes.

 

Puisque je ne vous ai pas vu dans la salle, ni dans le cocktail mondain qui a suivi, j’ai pensé qu’il serait bien de vous livrer ici le texte de ce discours. J’avais décidé cette année de le placer sous le signe du « merci » car nous vivons dans une société trop égoïste où nous oublions trop souvent de gratifier les petits gestes de ceux qui nous entourent.

 

« Chers Amis du Cinéma, chers tous, très chère Catherine Deneuve, Catherine,

C’est avec un plaisir incommensurable et une émotion indicible que j’ai accepté cette année une fois encore, et pouvait-il en être vraiment autrement, de prononcer ces quelques mots Devant vous pour inaugurer le Festival de Cannes 2008. Ma présence, dont tant de mauvaises langues ont douté, augurera d’un Festival d’exception et rehaussera sans nul doute les films qui nous serons présentés incessamment dans les jours à venir.

Je voudrais remercier tout spécialement l’Amiral, mon ami lointain mais qui s’approche à moi à toutes vapeurs et toutes voiles dehors. Je voudrais remercier tout particulièrement ma psy, la Docteur Schneider, qui a fait en sorte qu’on me laisse sortir ce matin, et qui est à mon équilibre mental ce que le suppôt est à Satan. Je voudrais remercier de tout cœur ma maman, grâce à qui je peux me trouver ici, la pauvre qui fut torturée et brûlée vive en 1429 parce qu’elle se promenait toute nue sur la place du village accusée d’avoir ensorcelée le prêtre. Un merci hors série pour TF1 que l’on ne remerciera jamais assez de s’occuper intelligemment de notre temps de cerveau disponible. Je voudrais remercier chaleureusement les ingénieurs de l’APMT* Inc. d’avoir boosté le modèle de la machine à laver à chargement frontal la LAVO1200Speed+ Ultima en la dotant d’un accélérateur à particule d’essorage (duocore). Je voudrais remercier respectueusement la junte birmane de m’avoir si bien accueilli lors de ma récente tournée dans ce pays et m’insurger contre les Occidentaux affabulant au sujet d’un vulgaire orage qui aurait inondé quelques villages. Très touché, je voudrais remercier Pascal Sevran de me permettre, par son absence, cette année de commencer à mon tour la publication de mes mémoires, le premier tome s’intitulant « bon alors vite fait, mais sur la place de la mairie » aux éditions Fleurs du Maréchal de l’APMT. Je pense à nos amis fonctionnaires, qui défilent et défilent encore dans nos rues, à qui la triste nécessité d’avoir à travailler pour gagner leur vie leur est tellement familière. Je remercie encore le destin, ou le hasard, à moins que ce ne soit la Providence de me donner quotidiennement la force de supporter ce destin d’exception qui est le mien. Et enfin, je voudrais remercier les laboratoires de l’APMT Inc. pour la création d’une toute nouvelle collection de chaussures rouges qui n’auront pas échappé à votre perspicacité.

Que ce Festival de Cannes 2008 soit d’exception. Qu’il soit unique. Qu’il soit. Qu’il... (pleurer maintenant et longtemps sans terminer cette dernière phrase) ».

 

par antenor publié dans : psychopathologie de la vie quotidienne
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Mercredi 14 mai 2008

Par deux fois, j’ai eu l’occasion de visiter Berlin-Est du temps où la RDA existait encore, dirigée d’une main d’enclume par le génialissime E. Honecker. Je ne m’y suis pas senti à l’aise, j’avais l’impression d’être épié, le contact avec les allemands de l’est était froid et distant.

Lorsque je me suis décidé à visiter la Birmanie il y a quelques mois, je me suis demandé à quoi il fallait s’attendre. Je n’avais aucune idée de la forme de cette dictature à la réputation si terrible et de cette junte sans âme ni loi qui la dirige. De plus, je ne connaissais pratiquement rien de cette région du monde. Bien que des dizaines de moines venaient de se faire massacrer, je me décidai à « y aller quand même ». Non pas par quelque élan héroïque, mais par l’envie de savoir, de me rendre compte par moi-même comment il se vivait dans ce bout du monde que l’on disait fascinant par ailleurs.

Les formalités d’entrée dans le pays à l’arrivée ne durèrent pas longtemps, les bagages n’ont pas été fouillés à notre insu, ni contrôlés officiellement. Très vite, sur place, j’ai constaté l’absence totale « de junte ». Avec l’un ou l’autre des voyageurs du petit groupe que nous étions, nous plaisantions souvent en disant que nous allions nous plaindre si nous n’allions pas voir bientôt un généralissime. Nous parodions certains de nos célèbres slogans publicitaires « avec la Junte, vous ne viendrez plus chez nous par hasard » ou encore « vous en avez rêvé, la Junte ne l’a pas fait »…

Nous étions accompagnés d’un guide qui parlait très bien français, opposant au Régime, et avec qui nous avons pu discuter de politique à loisirs. A aucun moment donné, je ne me suis senti « suivi », « surveillé » ou « restreint ». J’ai pu me promener à Rangoon comme ailleurs tout à fait librement, seul. En toute sécurité. Et lorsque l’on s’arrêtait, pour regarder ceci ou cela, le contact avec l’habitant était très facile. Agréable. Désintéressé également.

Le pays vit dans un état de pauvreté monstrueuse. L’accès à l’information est contrôlé. La circulation automobile est faible, hormis Rangoon bien sûr. Il existe une loi sur la photocopie qui interdit de photocopier à plus d’un exemplaire tout document non officiel. Les Birmans ont droit à 10 timbres postaux par mois. Pas de téléphones portables, sauf pour les nantis bien sûr. Nos téléphones ne fonctionnaient pas non plus. Pour ceux qui ont la chance d’avoir une voiture, réquisitionnable à tout moment par le Gouvernement et sans dédommagement aucun, il faut savoir où prendre de l’essence sur le « marché noir autorisé ». Marché noir tenu bien sûr par des amis de la Junte. Maintenir dimanche dernier un référendum sur une constitution bidon dans les conditions que l’on sait : il fallait oser. Ils ont osé.

Maintenir un peuple dans une misère extrême en faisant de sorte qu’il ne s’occupe que de sa nourriture et de sa religion. Il fallait oser, ils osent. Je ne peux pas m’imaginer comment la population aurait pu être prévenu d’un danger aussi imminent qu’un ouragan. Peu de téléviseurs, pas de courant électriques (la nuit, les quartiers sont désservis à tour de rôle). Les « routes » sont tellement mauvaises qu’une vitesse supérieure à 35 ou 40 km/h est tout simplement impossible. Je n’exagère même pas.

Cette dictature brille par son absence et par son effacement. Elle vend, officiellement ou inofficiellement, toutes les ressources du pays à des pays amis ou voisins comme la Chine, la Russie... Alors la misère du pays… On n’a pas le temps de s’occuper de tout. Il faut oser… Lors d’une de nos haltes dans la campagne, une jeune femme d’une vingtaine d’années est venue se plaindre auprès de nous, ou plutôt auprès de notre guide qui nous a traduit : réquisitionnée, elle allait à son lieu de travail obligatoire sur un chantier gouvernemental. Chaque famille de la région était obligée de mettre à disposition une personne. Elle ne savait pas combien de temps ça allait durer, évidemment elle n’était pas payée.

 

Tant que ce pays aura des ressources, rassurez-vous : cette dictature n’est pas prête de tomber. Et au plus profond de moi-même je pleure. Je pleure d’avoir pu voir ce pays avant cette dévastation, je pleure pour tous ces nombreux sourires sincères que j’ai reçus, je pleure à l’idée de toutes ces souffrances et de cette misère accrue, je pleure devant mon impuissance et de nos passivités collectives, je pleure devant cette injustice terrible.

par antenor publié dans : Voyage en Birmanie
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Mardi 13 mai 2008

Je me demande parfois qui de nous (mon lectorat, ou Moi) est le plus sot. J’aurais évidemment il y a presque 3 ans, à la création de ce blog, dû commencer par là : mode d’emploi !

 

En arrivant sur ce blog, toujours lire la notice d’emploi. Tenir dans un endroit sombre et humide. Contient de l’acide chlorhydrique (entre 10 et 25%). Ceci étant un blog très actif, ne laisser agir que quelques instants là où ça gratte éventuellement. Ne contient pourtant aucun élément abrasif. Ce blog respecte l’environnement en utilisant la force naturelle des mots aux mots comme unique agent propulseur d’humeur dépressivo-maniaque. Bien rafraichir la page avant de lire. Ne pas vous approcher à plus de 20 cm de votre écran, ne peut pas se vaporiser directement sur un chiffon, même un mouchoir de deuil. Pour les esprits étroits, il est préférable de passer votre chemin. Ne pas lire plus de 3 articles à la suite sans aérer la pièce. A ne pas lire à voix haute, surtout pas à des objets de laque de Chine (risque de lésions graves). Blog garanti sans colorant, ni additif. A utiliser uniquement pour l’usage prévu (la masturbation intellectuelle est exclue par exemple). Conserver hors de portée des enfants (aux moins de 5 ans du moins, autoriser ensuite et progressivement l’accès à la rubrique « des lessives pas comme les autres » dès que possible). A protéger contre les rayons de colère, les émissions scolaires et toutes les autres bonnes intentions du même genre. Ne pas exposer au soleil (voir plus haut !). Ne pas fumer même des feuilles imprimées de quelques-uns des articles contenus sur ce blog. Bien ventiler après usage. Porter des gants appropriés et un appareil de protection des yeux, du visage. Fiche de données de sécurité sur Minitel 3615 Code LAVO1200Speed. Pour les hystéro-folles, augmenter la lecture jusqu’à 20 articles par jour pendant 21 jours, me consulter en privé ensuite (et ensuite seulement). Ne pas mélanger avec d’autres blogs, ne pas confondre. Craint le gel. Ne pas respirer les vapeurs. Contient de l’hydroxycitronellal, du linalool, des phosphates. La lecture répétée de certains articles à voix haute, tard la nuit, devant votre four et de manière incantatoire, peut remplacer le programme d’auto-nettoyage. En cas de malaise, consulter ma psy, la docteur Schneider qui est à ma santé mentale ce que la règle de trois est aux deux autres, en lui communiquant l’URL de ce blog. La lecture, même régulière, de ce blog ne peut pas vous protéger de dégâts mécaniques. Contient des protéases. Si un enfant lit malgré tout le début d’un article, le laisser lire jusqu’à la fin et faire comme si de rien n’était. Peut déclencher une réaction allergique. Si jusqu’ici rien ne vous grattait, ça commencera probablement dès maintenant. La lecture régulière de ce blog peut vous encourager à haïr votre entourage. Ne vous laissez pas abattre.

 

Relisez ce billet autant de fois que nécessaire.

par antenor publié dans : rien-nest-vrai
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à savoir :

Si vous avez raté le début :
Anténor, accessoirement Maréchal Président à Vie (MPàV) de l’Association des Pauvres Mais Travailleurs (APMT) déteste les chats, les lumières que l’on laisse allumées, sa psychanalyste le docteur Schneider. Il affectionne les histoires qui se terminent mal, les tomates, les poudres et machines à laver (uniquement avec hublot), l’humour noir, féroce, sarcastique. Il n’a aucun égard pour les veuves et les orphelins : il voudrait qu’il y en ait plus.
Enfin, il a démodé les Troubles Obsessionnels Compulsifs et patauge pathétiquement dans les Troubles d’Opposition avec Provocation, la mare jamais desséchée de son existence quotidienne.
Il est torturé en permanence par un doute qui le ronge insidieusement : doit-il ou non assister au prochain festival de Cannes ? Enfin, il est persécuté par La Rousse, la fille de l'insupportable docteur Schneider.

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